• METHODE BOREL-MAISONNY

    METHODE BOREL-MAISONNY

     --> infos du site de Mme Virginie Glaine. Enseignante en CLIS, professeur des écoles. titulaire du CAPA-SH et du CAFIPEMF (mémoire : 'Les sciences à l'école)

    Il s’agit d’une méthode multisensorielle mise au point par Suzanne Borel-Maisonny, une des fondatrice - en France - de l'orthophonie. Isabelle Breil - enseignante spécialisée dans les troubles de la déficience auditive - nous explicite son origine ainsi que son principe de fonctionnement. Le canal tactile est également l'un des éléments clés de la méthode.

    Ainsi, nous relate-t-elle  sur le site de l'Académie de Reims, combien "La conscience de la position articulatoire est pour Mme Borel-Maisonny est une condition sine qua non à l'émission d'un phonème. Le geste associé au phonème permet de créer un conditionnement à l'identification de la lettre écrite et de l'articulation correspondante qui doit être d'une solidité parfaite.
    Le geste permet aussi de travailler la tension, l'intensité et la durée du phonème."

    En outre, vous pourrez trouver sur le site de la "CLIS de Gaillac" des fichiers Word  proposant des affiches (petits formats et grands formats) en bas de page, utiles pour faire la classe. 

    Son emploi est ultra simple, il s’agit d’associer un geste à un son, c’est-à-dire une lettre ou une syllabe, dans le jargon spécialisé, on appelle cela un  « phonème ».

    Il est courant d’observer – au sein du monde enseignant – des réserves importantes vis-à-vis de cet outil appelé à tord de "reconstruction" (comme s'il se devait d'être réservé uniquement aux dyslexiques, aux élèves rencontrant des problèmes de lecture, bref, en gros, aux lecteurs patouillant dans les textes, englués dans les mots). Les réticences se réfèrent généralement soit à sa complexité, soit à son origine, soit, encore, au terme « méthode ».

    Naturellement, en classe, il ne s’agit nullement d’utiliser tous les phonèmes présentés. Seuls ceux relatifs aux lettres ou syllabes proches, seront employés. Cela réduit considérablement leur nombre (les voyelles étant toujours bien identifiées, il sera donc inutile  de les citer). En outre, certains gestes étant moins opérants – du moins est-ce ce que j’ai pu constater à l’usage - ou peu "marquants", tels ceux du B ou du D, ces derniers ne seront pas plus abordés. Reste les plus « efficaces ». Généralement le V et le F, le M et le N, le C, le P, le L, le G, le J, et le R, cela réduit considérablement leur nombre (une bonne dizaine, à moduler suivant les élèves).
      
    En ce qui concerne son origine, cette dernière devrait – au contraire – inciter au plus grand respect et à la confiance. En effet, s’il existe des spécialistes concernés par les problèmes de lecture, les moyens d’en pallier les difficultés, voire d'en faciliter l'accès, ce sont bien les orthophonistes.

    Enfin, à propos de sa mise en place… Rien de plus simple. Il suffit de reprendre les photos correspondant au son à travailler, de noter ce dernier en dessous et d’imprimer ceux qui nous intéressent en grand pour la classe et en petit pour le lexique de l’élève (cf également en bas de page, l'école Lakanal).

    Quant à son emploi, c'est "un jeu d’enfant"   

     borel maisonny Borel Maisonny LPar exemple, pour le mot « lapin ». On interrogera l’élève sur ce qu’il entend, «    Qu’entends-tu dans  lapin ? » « Lllla…pin ? » . On mimera le geste en montrant la photo,  tout en prononçant le son de la    lettre - « llle ».   Il est bien sûr inutile de mimer les  autres lettres. 

     Tous les élèves « n’entendent » pas les phonèmes dans un mot. Par exemple – pour en revenir à lapin,  il est courant d’observer des élèves entendre le « a » mais pas le « llle ». Effectivement – oui – d’une  manière générale, les voyelles ressortent mieux (à l’oral) dans un mot que les consonnes.  (Ce qui n’est  pas le cas à l’écrit.)

    Par ailleurs, nombre de phonèmes sont confondus en raison de leur proximité phonémique. Le site de "La petite souris" reprend le tableau des phonèmes. On y saisit mieux les proximités articulatoires. Pointer ce phonème en l’accentuant d’un geste constitue donc une aide pour l’élève. 

    La méthode Borel-Maisonny présente donc un avantage nouveau - un atout tout à fait intéressant - puisqu'elle permet à l'enfant de "ressentir" le son dans son corps, de l'appréhender d'une manière concrète. Bref, d'aborder la lecture d'une manière différente des méthodes traditionnelles... Ainsi, le "R" va-t-il "rouler" dans la gorge.

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    SITE NEOPODIA, Savoirs & Connaissances :  l'orthophoniste Annie Dumont, chargée de cours à l'université Paris VI, explique sur ce lien (vidéo) le fonctionnement de la méthode Borel-Maisonny.  Elle est également l'auteure de la "Dyslexie", édité aux éditions du Cavalier Bleu. Ce livre dénonce les idées reçues récurrentes dans ce domaine. 



    Sites utilisant la méthode Borel Maisonny et proposant des activités :

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     --> Article complémentaire de Mme Isabelle Breil, professeur spécialisé Déficients Auditifs --> Association Coquelicots

    La méthode Borel-Maisonny est une méthode d'apprentissage de la lecture. A l'origine, la méthode Borel-Maisonny est un ensemble de gestes ayant pour but de faciliter l'entrée dans le langage. D'abord, utilisée auprès des enfants sourds, cette méthode est également reprise par des enseignants ordinaires qui sont en contact avec de jeunes enfants connaissant des difficultés d'expression.

    La méthode Borel-Maisonny utilise le canal visuel. Il s'agit de gestes symboliques utilisés au cours de l'apprentissage de la lecture. Il y a un geste par son et non par graphie.

    Exemple : Il y a un geste pour le son O . Le même geste vaut pour les différentes graphies au, eau, os, ot, aut, aud, aux, ault, eaux.

    Ces gestes permettent de fixer rapidement la mémoire des formes graphiques et l'abstraction qui doit en être faite relativement au son. Ils ne peuvent par conséquent être dissociés de l'apprentissage de la lecture.

    L'apprentissage de la lecture se fait en plusieurs étapes. Avant de découvrir le phonème puis par la suite son graphème, il convient de faire prendre conscience à l'enfant de ce qu'est un son et d'où il vient. Pour cela, un premier travail de gymnastique phonatoire est essentiel à tout approche de l'apprentissage de la lecture : on apprend à respirer et à maîtriser sa respiration (on fait expulser l'air des poumons en l'économisant...). Puis, on commence le travail phonatoire proprement dit en travaillant sur les caractères phonatoires de chaque phonèmes : vibrations glottales ou non, vibrations orales ou nasales, position de la langue...

    La conscience de la position articulatoire est pour Suzanne Borel-Maisonny une condition sine qua non à l'émission d'un phonème. Le geste associé au phonème permet de créer un conditionnement à l'identification de la lettre écrite et de l'articulation correspondante qui doit être d'une solidité parfaite.

    Le geste permet aussi de travailler la tension, l'intensité et la durée du phonème.

    Le geste, en outre, est très utile chez les enfants présentant des troubles de mémorisation. Le phonème n'est plus un élément sonore isolé. Il a, en plus, une image visuelle qui facilitera à la fois la mémorisation mais aussi par la suite la relation phonème-graphème. Il est à noter que ces gestes disparaissent d'eux-mêmes dès que l'enfant a acquis les automatismes lui permettant de fixer phonème et graphème donc de déchiffrer.

    La méthode Borel-Maisonny est une aide au déchiffrage. Pour que l'acte lire soit complet, il convient de travailler en parallèle sur le sens.

    METHODE BOREL-MAISONNY

     Les images de la méthode mis à disposition sur le site La classe de Delphine : 

     --> Télécharger « imagesBorel-Maisonny.pdf »       

     

    Des livres sur la méthode :  La méthode Borel-Maisonny se trouve dans les ouvrages suivants :

     

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