• FLEURS DE BACH

    Ce sont des petites fioles d'elixir que nous n'avons jamais utilisé.

    Lorsqu'une amie m'en a parlé, je suis allée chercher les informations sur les expérimentations, je n'ai trouvé que des sites de ventes en ligne et des témoignages sur ces sites non probants mais avec la fâcheuse particularité d'être mis en ligne par ces sites...

    A vous de tester et de voir... Parfois, la science n'arrive pas à trouver le pourquoi du comment ça fonctionne, alors testez ! Attention toutefois, les fleurs de bach contiennent de l'alcool, incompatible avec l'épilepsie.

    A noter un article intéressant sur des expérimentations faites par Richard Monvoisin. Ce professeur est titulaire d’une maîtrise en physique-chimie et d’un DEA en didactique des sciences. Il est doctorant au Laboratoire de Zététique, Université de Nice, ainsi qu’au laboratoire HP2, Université de Grenoble. Il est aussi membre du Conseil d’administration de l’Observatoire zététique.

    Le présent article a été publié dans la revue Annales pharmaceutiques (Copyright Masson, Paris, 2005. Tous droits réservés). 

    Dans ce numéro      SPS n°273           

    SPS num 273

     

    Fleurs de Bach : une action avérée sur l’esprit critique - par Richard Monvoisin - SPS n° 273, juillet-août 2006

     Cette version pour Internet contient les détails et références qui, faute de place, n’ont pu être publiés dans la revue.

    En quelques années, les Élixirs Floraux de Bach (EFB) sont devenus des incontournables de la pharmacopée dite « complémentaire ». Entre naturopathie et homéopathie, ces macérations alcooliques de plantes sont proposées à la vente en tant que pharmacopée « alternative » et complément de bien-être dans les pharmacies, mais également dans les magasins diététiques ou distribuant des produits dits bio. Ces Élixirs, appelés parfois simplement Fleurs de Bach ou Remèdes de Bach, représentent un potentiel économique indéniable inversement corrélé à leur potentiel thérapeutique.

     Le mythe fondateur :  Un des lieux communs relatifs aux pseudo-médecines consiste en l’élaboration d’un mythe autour de la vie du fondateur. Les EFB ne dérogent pas à ce principe avec leur inventeur, Edward Bach, né en 1886 à Moseley, près de Birmingham en Angleterre. Bach, décrit comme un être bon, pur, d’une rare sensibilité et endossant une mission de salut public, cherche à élaborer une médecine d’un genre nouveau. Il obtient en 1912 un double diplôme au Royal College of Surgery et au Royal College of Physicians, puis le diplôme de médecin et de chirurgien de l’University College Hospital, et enfin celui de Santé Publique de Cambridge en 1914. Suite à une guérison prétendue miraculeuse, - il se rétablit d’un coma doublé d’une tumeur de la rate par sa seule opiniâtreté et ses forces spirituelles -, il commence à bâtir une interprétation spiritualo-somatique des maladies. En 1919, fasciné par l’homéopathie, il entre au London Homœopathic Hospital et se consacre à l’élaboration de ce qu’il appellera ensuite les sept nosodes de Bach, vaccins homéopathiques créés à partir d’excrétions et de secrétions infectées (fèces, urine, pus, sang, salive, liquide céphalo-rachidien, tissu d’organe nécrosé) administrés par voie buccale et destinés à purger les malades de l’un des sept groupes de germes intestinaux qu’il avait isolés1. Progressivement, superposant les principes homéopathiques de Hahnemann2 et ses nombreuses intuitions, Bach parvient, d’une façon narrée depuis comme illuminative3, à l’édifice pseudomédical suivant : il reprend la subjective notion hahnemannienne de psore et croit y retrouver les pathologies bacillaires intestinales qu’il avait étudiées4. Il se convainc alors qu’il existe une corrélation entre la personnalité de ses patients et les bactéries pathogènes qui se développent dans leurs intestins, et son adhésion à la pensée homéopathique l’amène, par analogie, à la conclusion suivante : c’est la personnalité qui fait la maladie.

    Bach découpe sept couples d’états psychologiques « négatifs/positifs », (peur/courage, etc.) (tableau) dont il corrèle le pendant négatif avec une essence florale issue des végétaux de son bocage, ceci en vertu de deux raisons : primo, la sommité florale contiendrait les principes actifs de la plante et regorgerait de propriétés curatives, émanant de la Vis Medicæ, force vitale naturelle ; secundo, les pétales auraient des qualités énergétiques qui résonnent avec la sensibilité des gens, et par conséquent soigneraient, sur un plan énergétique ou éthéré, l’état psychique négatif correspondant. De façon très claire, l’objectif de Bach est de parvenir à prescrire des fleurs en se fiant uniquement au caractère de ses patients, sans avoir recours à l’identification des bactéries infectieuses.

    Mû par la recherche de ces essences florales, Bach quitte Londres en 1930 pour s’installer au cœur du pays de Galles, dans le Norfolk, près de Cromer, et se consacrer à la matière médicale. Il distingue d’abord six essences florales, dont il publie les soi-disantes propriétés ainsi que la théorie qui les sous-tend dans son livre-phare « Heal Thyself - An Explanation of the Real Cause and Cure of Disease  »5 qui paraît à Londres en 1931. Puis il isole six autres simples qui, associés aux précédentes, formeront les célèbres douze guérisseurs : l’Impatiente, la Muscade, la Clématite, l’Olivier, la Vigne, l’Aigremoine, la Chicorée, la Centaurée, le Plumbago, la Gentiane, l’Hélianthème et l’Alène. Il complète sa gamme avec quatre aides contre les états persistants : Ajonc, Chêne, Bruyère et Eau de roche (cette dernière étant de l’eau de source).

    Fin 1933, il crée un mélange, désormais célèbre sous le nom de Remède de Secours ou Rescue Remedy (RR) destiné aux personnes victimes d’un choc violent, quelle que soit la nature du traumatisme. En 1934, il part s’installer définitivement à Sotwell, petit village près de Wallingford à 15 km d’Oxford, dans une maison appelée Mount Vernon qui deviendra le Bach Center. Secondé principalement par Nora Gray Weeks, son assistante, qui sera récipiendaire testamentaire du lucratif centre, il isolera avant sa mort en novembre 1936 une panoplie de 38 essences florales, déclinées en élixirs et reliées chacune à un sous-état psychologique négatif (tableau) ; panoplie complète puisqu’il n’y avait plus rien à découvrir (sic)6, à laquelle le Bach Center se consacrera entièrement, en produisant les teintures-mères des EFB selon les procédés d’origine, puis en les commercialisant selon des procédés qui dériveront lentement vers un monopole de fabrication, là où Bach espérait une « œuvre de guérison généreusement offerte à l’humanité »7.

    Fabrication des élixirs :   Partant de l’idée pythagoricienne de corps aromal - le parfum exhalé par les fleurs serait la conséquence de l’évaporation de leur âme dans l’air -, Bach croit en l’idée, non fondée, que la fleur renferme la quintessence des vertus curatives de la plante. De là, il affirme que chaque goutte de rosée chauffée par le soleil contient toutes les propriétés curatives de la fleur sur laquelle elle s’est formée8. Bach postule que la vertu de la plante pourrait être récupérée si ses sommités florales, cueillies juste avant la floraison dans un endroit sauvage, le plus pur possible et colonisé naturellement par les fleurs, sont déposées à la surface d’un récipient rempli d’eau et exposé au soleil jusqu’à décoloration des pétales. Il met progressivement au point deux méthodes d’extraction de la quintessence florale : la solarisation et l’ébullition. Pour la première, il conviendra de placer les sommités collectées dans un bol nécessairement en verre et peu épais à moitié rempli d’eau pure de source locale, puis de poser le bol au plus fort du soleil du plus fort de l’été, durant au minimum trois heures afin que le mélange reçoive suffisamment de lumière, « en évitant scrupuleusement de porter une ombre dessus » (sic)9. Lorsque les fleurs commenceront à se décolorer, elles devront si possible être retirées avec une tige de la même fleur, et le macérât, désormais chargé des énergies des fleurs, sera filtré et recueilli dans un flacon de verre fumé puis dilué de moitié avec une eau de vie, l’alcool assurant la stabilisation de la préparation en stoppant les réactions enzymatiques et hydrolytiques (à l’origine un brandy, car produit de la vigne, elle-même EFB N 38, le Cognac est depuis couramment utilisé). Le mélange sera alors vigoureusement secoué pendant une durée précise variant de 30 sec à 2 min puis couvert avec un tissu pendant 48 h, pour parvenir à l’obtention d’une teinture-mère. La méthode par ébullition, préférée pour les brindilles ou les rameaux (noyer, mélèze, orme...) substitue au soleil une casserole émaillée remplie aux trois quarts de fleurs et d’eau minérale qu’on fera bouillir une demi-heure à 100°C, en remuant de préférence avec une tige de la plante. Puis, après avoir laissé refroidir, on procèdera exactement comme pour la solarisation. Il suffira alors de prendre un flacon de 30 cl, rempli du spiritueux choisi, et d’y verser entre deux et sept gouttes de la teinture-mère selon les auteurs : l’EFB 1re dilution est prêt. Plusieurs dilutions successives peuvent être réalisées sans altérer la prétention thérapeutique. Les solutions, alcooliques, devront de préférence être conservées dans des fûts de chêne - puisque le chêne est l’EFB N 8.

    Les principes revendiqués évoquent ceux de l’homéopathie classique : succussion, oudynamisation consistant à agiter le flacon afin que les molécules encore présentes ou lemessage qu’elles ont laissé dans la dilution amplifient leurs effets ; principe de similitude, selon lequel les propriétés d’une plante sont « signées » par ses caractères physiques externes ;principe de pathogénésie, qui consiste à recréer le symptôme de la maladie afin de lutter efficacement contre elle, et qui dérive du précédent ; enfin dilution : un élixir, tout comme une solution homéopathique, exerce d’autant plus d’effet que sa dilution est grande. Aux patients qui s’inquièteraient du peu de substance active dans le soluté est couramment délivré le message suivant : « Si la toxicité de la substance, même dangereuse en quantité pondérale, est totalement supprimée à la suite de son extrême dilution, on se trouve tout de même en présence d’un produit qui permet de stimuler le processus de guérison »10.  --> suite de l'article sur PSEUDO SCIENCES